02 mai 2009
Seraphine
Evocation en deux heures de la vie terriblement touchante de la peintre connue sous le nom de Séraphine de Senlis, incarnée avec brio par la splendide Yolande Moreau, ce film est très émouvant.
Séraphine est bonne à tout faire, elle fait le ménage chez plusieurs personnes. Tout le monde lui parle comme si elle n'existait pas, la prennant de haut, l'humiliant. Séraphine a pourtant un secret qui l'occupe pendant ses nuits. Elle peint.
Prennant du sang dans une boucherie où elle fait le ménage, pour le rouge, et utilise de la cire prélevée dans une église, bref elle se débrouille comme elle peut pour peindre. Toutes ses maigres économies passent dans l'achat de fournitures. Elle va commencer le ménage chez un allemand tout juste arrivé de Paris. En 1914, cet allemand n'est pas le bienvenu et ne pourra pas rester alors que la guerre va commencer. Il aura le temps de découvrir le secret de Séraphine et de lui donner confiance en son art, alors appelé art naïf.
C'est Yolande Moreau qui porte le film sur ses épaules, sans beaucoup de paroles elle arrive à donner vie à cette artiste. Séraphine de Senlis n'a vraiment pas eu la vie facile, bien au contraire. Son histoire est très dure, son art n'est pas arrivé à la meilleure période, lors de la crise de 1929 elle vient juste d'être à nouveau découverte par son ami allemand plus de 10 ans après leur première rencontre. Les acheteurs ne seront plus là, le brusque changement de son train de vie devenu un temps très aisé va lui faire prendre pied un peu plus. La fin sera terriblement triste, on ne s'attendait pas à ça du tout.
Séraphine est un très beau film, pas forcément gai mais la vie n'est pas toujours gaie, n'est ce pas ?
Commentaires
On s'en souvient encore
J'ai vu pour ma part Séraphine en janvier.
Lorsque j'ai lu cet article, une foule de souvenirs de ce film est remonté à la surface. Surtout les images. Le décor, sublime. Il ne m'a fallu lire que le titre du film critiqué, pour qu'à nouveau ce bonheur me revienne en mémoire.
Merci...
Une tranche de vie tellement belle. Et c’est à nouveau les décors qui reviennent. Là où le sujet se prêtait parfaitement à un misérabilisme, les scénaristes et réalisateurs ont travaillés pour en faire… un bijou dans un écrin.
J'en ai les larmes aux yeux ; merci d'avoir posté cette critique. Je suis entièrement d'accord avec toi.

