Critiques Cinéma du blog ameliebertrand

26 janvier 2012

Les nouveaux chiens de garde

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UN FILM A VOIR

Les nouveaux chiens de garde est un film politique, militant, peu diffusé, donc à soutenir !

Ce film nous explique de manière très détaillée les liens qui unissent les journalistes, aux politiques et aux financiers. Comme le dit un des intervenants, c'est une grande famille, ils sont issus du même milieu social, fils de médecin, d'ambassadeurs, de financiers. Issus du même milieu social et se retrouvant souvent pour des rencontres, des repas, des discours. On pourrait se dire que le film prone l'idée maintes fois rabachée du TOUS POURRIS... un peu, c'est vrai, on est mal à l'aise de voir les débordements de certains médias. Mais tous ne doivent pas être mis dans le même panier (ce qui est un peu le sens du film) alors... oui, il y a des exagérations, on peut penser que certains profitent vraiment du système, ces journalistes qui acceptent de fricoter avec les puissants, à accepter d'animer des conventions d'entreprise rémunéré parfois 17000 euros la soirée (le ménage disent-ils), et en même temps ce n'est pas cela le plus révoltant. C'est mal, c'est sur, car cela remet en question leurs "partis pris" soit disant indépendant ! Il faut être alerté sur cela, il ne faut pas écouter sans critiquer leurs interventions.

Les "experts", Alain Minc-Elie Cohen et tous les autres, tournent en rond dans leurs discours et sur les chaines de télévision pour expliquer leurs points de vue sur la France, sur le travail, sur la finance. Tous ces experts économistes qui prêchent le "travailler plus - pour gagner plus" sont presque tous des administrateurs de grands groupes, payés par des banques ou des entreprises. Où est leur intérêt ? Sont-ils si neutres que cela ?

Ce film nous donne les moyens de nous souvenir que la presse (radio ou télévision) doit être écoutée avec un sens critique, sans oublier qui tire les ficelles, qui a le pouvoir dans tel ou tel groupe. Que TF1 évite de discuter des problèmes quant à la construction de l'EPR de Flamanville qui entrainent des contrariétés à son grand patron Bouygues ; il faut y voir ce qu'il faut y voir : une censure, déterminée par l'opinion du grand patron.

Même les journalistes qu'on pourrait considérer les plus intégres, les Laurent Joffrin, les opposants, admettent que l'avis d'un patron compte et qu'il peut -et doit- décider des sujets traités, qu'il a un contrôle sur ce que son journal écrit.

Cela ne serait pas si malsain et serait compréhensible si les puissants eux mêmes n'étaient pas une petite poignée, tous des grands amis des politiques, des gens au pouvoir (mais ils tourneront bien vite leur veste lorsque le vent tournera). Les groupes Lagardère, Pinault La Redoute, Dassault, Bolloré, Bouygues, quelques uns à dominer le monde médiatique avec leurs participations dans des magazines, des télévisions ou des radios.

Les journalistes, ceux que l'on imaginait comme des chiens de garde, des protecteurs, des personnalités libres et indépendantes doivent gérer cela, ils doivent apprendre à surfer sur cette vague. En devenant critiques sur la société et sur l'argent des grands financiers ils risqueraient de se retrouver mis au rebus, éloigné du devant de la scène, ils ont donc à protéger leurs intérêts, ne pas risquer de devoir pointer au pole emploi... Les impertinents rentrent dans le rang, retournent leur veste ou sont "privés de télé".

C'est une société que l'on aimerait changer, petit à petit la presse à pris sa liberté, mais les puissants ont très vite compris les intérêts qu'ils pouvaient avoir dans le contrôle de la presse et se sont accaparés cette lucarne qui leur permet de diffuser leurs opinions.

Comment lutter ? Comment se révolter ?

L'effet que l'on a en voyant ce film est étrange, on sent que la France d'en bas, celle qui se lève tôt, celle qui trime dans les usines ne sont pas écoutés. Ils sont considérés comme "des indiens dans des réserves" tant qu'ils ne sortent pas, qu'ils ne se rebellent pas, tout va bien, lorsqu'ils se révoltent, qu'ils brulent des voitures, prennent leurs patrons en otage, les journalistes souhaitent le calme, l'état souhaite le calme, mais le peuple veut se faire entendre... Faire une manifestation leur donne 1 minute de journal télévisé, bruler des pneus ou des voitures : 2 minutes, et prendre en otage leur patron plusieurs minutes de plus. Pour avoir droit à être écouté le petit peuple a besoin de se révolter plus fort.

Il faut faire entendre nos voix, il faut que les journalistes acceptent de retrouver un peu leur vrai rôle d'esprit critiques, mais le pouvoir de l'argent est fort... très fort... trop fort.

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10 janvier 2012

Les amoureux au ban public - DVD

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UN DVD A VOIR

DOCU

Vous rencontrez l'homme (ou la femme) de votre vie, vous décidez après quelques temps de vous marier. Vous déposez les bans à la mairie. Quelques jours ou semaines plus tard, la PAF sonne chez vous.

(PAF Police aux Frontières)

On vous enlève votre futur époux(se) et on le conduit de force dans un fourgon.

Après un enfermement il sera renvoyé chez lui.

Ah oui, n'oublions pas de préciser, l'homme ou la femme de votre vie est né dans un pays Hors UE...

Ce qui signifie que l'amour, le vrai, ne peut en aucun cas exister.

Il ne peut être que question de mariage blanc ou de mariage gris*

Le film documentaire de Nicolas Ferran va permettre de découvrir cet abjecte situation, celle où l'état fouille la vie privée des gens, sous prétexte que l'un des deux époux est né ailleurs qu'en France. Une fouille systématique, les courriers, les sms, les mails, les appels téléphoniques... Ils inspectent les appartement, à la recherche de deux brosses à dents dans la salle de bains. Des interpellations mensongèrent où les agents de police se font passer pour des facteurs livrant un chronopost ou des colporteurs...

L'individu n'est plus libre. Privé de sa liberté d'aimer. Les français(e)s sont bafoués de leurs droits, considérés comme des idiots qui se laissent manipuler, considérés... ou plutôt... pas considérés du tout... On leur dit "vous n'avez pas réussi à trouver un français ? un vrai ? on n'est pas assez bien pour vous ?"

Les forces de l'ordre s'introduisent dans la vie des gens avec des questions indiscrètes. Les français sont interrogés plusieurs heures de suite, souvent, à répétition. Pris au piège de ce cycle infernal, la moindre erreur est fatale. "Quoi ? Vous ne vous souvenez plus du lieu de votre rencontre, du nom de cette papéterie où vous vous rendiez toutes les semaines ?" Le moindre faux pas entrainera une sanction immédiate...

Et un juge doit analyser l'authenticité du mariage.

Dans le meilleur des cas, où le mariage est reconnu, l'administration prend son temps pour délivrer l'acte de mariage, le visa, le titre de séjour. Plusieurs mois voire des années d'attente pour ces couples mixtes. Une attente qui favorise dans bien des cas la séparation des couples, avec l'éloignement... -car l'un des deux vit en France et l'autre, n'ayant pas droit de rester en France avec son époux(se)-. Ne pouvant vivre ensemble... loin des yeux loin du coeur... 

Où l'on voit que l'Etat dans toute sa splendeur utilise des subterfuges pour empecher le mariage mixte. Le contraindre au maximum.

Ce film montre l'état affligeant dans lequel la société française s'est enfoncé. Une situation inacceptable où l'amour n'existe pas, est renié... Où il est forcément question d'abus, de mauvaises intentions... 

Liberté Egalité Fraternité... que cela semble loin dans cette société.


Vite CHANGEONS LA FRANCE.

 

INTERVIEW

 

banpublic

Bertrand/ Quel est votre parcours personnel ?

Nicolas Ferran/ J'ai interrompu des études de droit et d'histoire en 1996 pour devenir objecteur de conscience* pendant deux ans au sein de la Cimade, une association de défense des droits des étrangers. J'ai par la suite repris des études et obtenu un doctorat en droit tout en continuant en parrallèle à travailler pour la Cimade. Depuis janvier 2011, je suis Responsable juridique à l'Observatoire international des prisons.

LogoCimade

site internet de La Cimade cliquez sur le logo

Bertrand/ Pouvez vous nous parler du mouvement des Amoureux au ban public que vous avez créé en 2007 ?

Nicolas Ferran/ Les Amoureux au ban public sont nés en juin 2007 à Montpellier. J'étais alors salarié de la Cimade qui a accepté que je me consacre à plein temps à ce projet. Nous recevions dans nos permenances juridiques beaucoup de couples franco-étrangers qui rencontraient d'énormes difficultés pour se marier ou vivre réunis en France, qui subissaient de plein fouet des lois sur l'immigration et des pratiques administratives qui n'ont cessé de se durcir depuis une dizaine d'années (pour un bilan des politiques mis en oeuvre à l'égard des couples franco-étrangers, voir le rapport que nous avons publié en 2008 : cliquez ici).

Le projet des Amoureux au ban public n'était pas simplement d'organiser la défense des couples franco-étrangers par le biais de permanences juridiques spécialisées. Je souhaitais également, et peut être surtout, que ce mouvement devienne pour ces couples un lieu d'engagement politique, un espace de mobilisation collective pour la défense de leurs droits. En quelques mois, les Amoureux au ban public sont devenus un mouvement national, implanté dans une vingtaine de villes en France grâce au soutien apporté par la Cimade. Les collectifs locaux ont progressivement été pris en main par des couples franco-étrangers engagés dans la durée, et malgré la faiblesse de nos moyens financiers, le mouvement s'est stabilisé et s'est durablement inscrit dans le paysage associatif et militant français.

Les Amoureux au ban public assurent donc un travail de conseil et de défense juridiques auprès des couples qui les contactent et organisent des actions de mobilisation collectives dans certains dossiers (manifestations, pétitions, etc...). Ils mènent par ailleurs de nombreuses actions d'information et de sensibilisation auprès des médias, de l'opinion publique ou des responsables politiques.

Bertrand/ A quel moment vous êtes vous senti proche de ces personnes et avez vous eu envie de lancer ce mouvement ?

Nicolas Ferran/ Je ne pourrai pas dater ce moment précisément... Cela faisait un certain temps que j'y pensais. Non seulement car je recevais régulièrement des couples franco-étrangers dans les permenances de la cimade, mais aussi car il y avait un vrai déficit d'information et de mobilisation sur cette question... Bien sur, le fait de rencontrer ces couples, de devenir ami avec beaucoup d'entre eux a joué dans la création du mouvement. Mais ma démarche était avant tout politique et non « sentimentale ». Je voulais faire en sorte que les problèmes qu'ils rencontrent deviennent un sujet de débat public et qu'il disposent d'une structure leur permettant de se battre collectivement pour leurs droits. En outre, la question des couples franco-étrangers me paraissait très importante sur un plan plus général car elle permet de montrer très concrêtement que la politique d'immigration n'est pas dirigée que contre les étrangers mais aussi contre les Français(es) qui ont des liens familiaux ou sentimentaux avec des étrangers. En ce sens, les Amoureux au ban public sont donc au coeur d'une mobilisation qui décloisonne la critique des politiques d'immigration, qui montre que ces politiques s'attaquent à la société dans son ensemble.

Bertrand/ A quel moment avec vous eu l'idée de faire un film avec ces témoins ?

Nicolas Ferran/ L'idée de faire un film m'est venue dès les premières semaines d'existence des Amoureux au ban public même si je n'avais jamais fait ce type de travail auparavant et que je ne savais donc pas trop comment m'y prendre. Le film que je voulais alors faire était cependant différent de celui qui existe aujourd'hui. Mon projet initial était de faire un film sur le basculement de ces couples, qui pour la grande majorité n'avaient pas de passé militant, dans une mobilisation collective. Qu'est ce qui fait que des personnes victimes d'injustices décident de se réunir pour défendre leurs droits, comment s'engagent elles et comment vivent elles cet engagement, etc... Mais au bout de quelques semaines de tournage, et après avoir visionné les premiers rush, j'ai abandonné cette orientation car je me suis aperçu que j'étais tout le temps à l'image, que j'étais le personnage principal du film que j'étais en train de tourner en raison de ma place centrale dans l'animation du mouvement, l'accompagnement des collectifs naissants, l'oganisation des premières actions, etc... J'aivais l'impression de faire un film sur moi, et cela me dérangeait énormément !! J'ai donc choisi de me concentrer exclusivement sur le témoignage des couples et sur ce dont ils avaient spontanément et avant tout envie de parler, c'est-à-dire leur vécu des politiques actuelles de contrôle des mariages et d'immigration.

Bertrand/ Lorsqu'on voit le film on a un puissant malaise, on n'imaginait pas que la société française se conduisait ainsi, l'expression : "les hommes naissent libre et égaux" serait-elle devenue un mythe inaccessible ?

Nicolas Ferran/ C'est moins la société française que les politiques qui sont mises en place, et les discours qui les accompagnent et les justifient, qui maltraitent les couples franco-étrangers. Non pas que ces couples ne rencontrent pas en société des situations de racisme ou de discrimination biensur. Mais la violence institutionnelle et administrative qu'ils subissent est sans doute la plus destructrice. C'est en tout cas de cette seule violence dont traite le film. Quant au fait que « les hommes naissent libres et égaux », je ne crois pas que cette formule se soit un jour pleinement traduite dans les faits... disons qu'il y a des périodes où ces principes de liberté et d'égalité sont particulièrement malmenés...

Bertrand/ Que ressentez vous en lisant les mots "liberté égalité fraternité" sur le fronton des bâtiments administratifs lorsque vous accompagnez des couples mixtes en attente de jugement ?

Nicolas Ferran/ La liberté, l'égalité et la fraternité ne sont jamais acquises et ne sont avant tout que des mots auxquels il faut donner une consistance... C'est un combat de tous les jours, qui dépassent les situations individuelles, et mieux vaut pour cela être réunis et organisés...

Bertrand/ Pourquoi la société actuelle ne peut plus considérer qu'un mariage entre une personne étrangère et une personne française soit un mariage d'amour ?

Nicolas Ferran/ Si cette idée est répandue, c'est qu'elle est entretenue par les pouvoirs publics et par certains hommes politiques pour justifier les politiques répressives conduites, voire convaincre qu'il faut qu'elles soient plus répressives encore. Le mariage avec un(e) Français(e) ouvre des droits aux étrangers en matière d'entrée et de séjour en France. Or, depuis quelques années, le gouvernement affiche sans ambiguité son désir de réduire l'immigration qu'il appelle « subie », dans laquelle il a rangé l'immigration familiale. Mais expliquer clairement aux citoyens français qu'ils ne pourront pas se marier facilement avec un étranger, ou qu'ils ne pourront pas vivre avec lui en France est politiquement compliqué.... C'est donc là qu'on agite régulièrement le spectre des mariages « blancs » pour justifier le durcissement des lois. Ce durcissement, nous dit-on, ne serait pas la traduction d'une politique hostile aux couples franco-étrangers mais une nécessité pour lutter contre la fraude au mariage. Les droits des étrangers mariés à des français dans le domaine du séjour en France ou de la nationalité ont été considérablement restreints pour décourager la fraude... ça c'est le discours officiel. L'objectif en réalité poursuivi est de réduire le nombre de mariages et de titres de séjour délivrés aux étrangers conjoints de français.... Et au quotidien, ce sont l'ensemble des couples franco-étrangers qui subissent les effets dramatiques des politiques conduites. Pour finir, qu'entend on par mariage d'amour ? Qu'est ce que l'Amour ? Amour et intérêt sont ils inconciliables ? Comment contrôle t'on que des personnes s'aiment vraiment ? On rentre là dans quelque chose d'impalpable et de terriblement dangereux car ce contrôle ne peut être qu'empreint d'arbitraire...

Bertrand/ Pensez vous utiliser les élections de mai 2012 pour faire pression sur les candidats pour demander une amélioration de la condition des couples mixtes ?

Nicolas Ferran/ Les Amoureux au ban public vont interpeller tous les candidats pour leur demander de se positionner sur des revendications que nous avons définies pour améliorer la condition juridique des couples franco-étrangers et faire cesser le harcèlement administratif subi par un certain nombre d'entre eux... Cela dit, les promesses n'engagent que ceux qui les croient et nous savons que beaucoup de promesses peuvent être faîtes en période électorale... La sortie du film est pour nous un outil de sensibilisation des politiques, des médias et de l'opinion publique beaucoup plus efficace mais qui produira ses effets, s'il en produit, à plus long terme.

Bertrand/ Le film tourne dans toute la France, plusieurs collectifs le portent, quels sont les réactions ?

Nicolas Ferran/ Les réactions du public sont pour le moment très bonnes, je veux dire par là que le film suscite ce que j'espérai : des débats, de l'indignation, de l'émotion, des envies d'engagement dans le mouvement. Mais il n'y a eu jusqu'à présent qu'une dizaine de projections publiques et il est donc encore vraiment trop tôt pour savoir quel sera l'impact du film, l'ampleur du soutien qu'il pourrait susciter autour de la mobilisation des Amoureux au ban public, ses effets sur l'opinion publique et sur les discours politiques.... on verra dans quelques mois, et cela dépendra notamment du nombre de projections publiques que nous arriverons à organiser et des retombées médiatiques autour du film.

Bertrand/ Ce documentaire vous a t-il donné envie de continuer dans la réalisation ?

Nicolas Ferran/ Oui ! Mais... J'ai réalisé ce film dans un contexte très particulier et privilégié, qui n'est souvent pas celui d'un réalisateur « classique ». J'étais totalement immergé dans le mouvement des Amoureux au ban public pour l'avoir initié et animé pendant plusieurs années, les couples que j'ai filmé sont aussi des couples que j'ai défendus face à l'administration, accompagnés ou conseillés dans les moments difficiles, avec lequels j'avais souvent des liens d'amitiés. Le temps de la caméra n'était qu'un petit moment dans la relation que j'avais avec eux. Je n'ai donc pas fait intrusion dans leur vie pour faire le film et leur parole n'en a été que plus facile à obtenir... Est ce que je saurai faire un film, dans un contexte différent ? Rien n'est moins sûr... Et puis, la question du temps se pose également, mes nouvelles fonctions au sein de l'observatoire international des prisons étant très prenantes... L'envie est donc là, pour le reste l'avenir le dira...

Bertrand/ Avez vous reçu des offres de la part de chaines de télévision pour la diffusion plus large du film ?

Nicolas Ferran/ Non, pas encore... Mais des contacts ont été pris.

Bertrand/ Avez vous reçu le soutien de producteurs/distributeurs ?

Nicolas Ferran/ Non, mais je n'en ai pas vraiment cherché... Quand j'ai commencé à tourner, j'ai pris quelques contacts et les réponses ont été que le projet était intéressant mais qu'on ne pouvait pas me donner de réponse tout de suite, qu'il fallait que je remplisse des dossiers, etc... Or, je ne voulais pas attendre, j'avais « la matière » sous la main, je ne voulais rien perdre des opportunités de tournage qui se présentaient sans arrêt ! Le temps du film n'était pas celui des dossiers. J'ai donc très rapidement décidé d'autropoduire le film. Cela a été possible financièrement car j'ai bénéficié de la participation bénévole de plusieurs ami(e)s pour les prises de vue, le montage, le mixage, la musique, etc... J'en profite d'ailleurs pour les remercier à nouveau ici. Par la suite, je n'ai pas relancé ces contacts et je n'en ai pas cherché d'autres. Quelle était la situation de départ ? je suis un illustre inconnu dans le monde de la réalisation et mon film a sans doute les défauts de cette inexpérience. Les conditions de tournage et de prises de son n'ont pas toujours été excellentes … et je voulais maîtriser la réalisation et le montage en toute liberté... Autant dire que si un producteur avait été tout de même partant pour m'accompagner sur ce projet, il n'aurait pas forcément investi beaucoup d'argent, notamment pour le distribuer dans de nombreuses salles. J'ai donc décidé de miser, au moins dans un premier temps, sur le côté totalement indépendant du film et sensibiliser le réseau associatif pour m'aider à le faire exister, à le faire voir le plus largement possible. Et c'est ce qui est en train de se produire. Une vingtaine de projections sont déjà prévues dans plusieurs villes et beaucoup d'autres sont en cours de calage. Le fait de ne pas avoir de producteur me permet en outre de ne pas demander de droits de diffusions, ce qui facilite l'organisation de projections par le réseau associatif souvent en manque de moyens financiers. Et nous avons obtenu le soutien de certaines structures de diffusion, comme les cinémas Utopia qui vont projeter le film. Si ce dernier marche bien dans ce premier réseau, qu'il « aura fait ses preuves », la question d'une diffusion plus large, par un distributeur qui accepterait le film tel qu'il est, se reposera sans doute.

Bertrand/ En tant que citoyens que pouvons nous faire pour agir contre la situation que décrit votre film ?

Nicolas Ferran/ Il y a deux niveaux de réponse à cette question. La première, la plus prosaïque, est l'aide qui peut être apportée aux Amoureux au ban public pour les aider à poursuivre leur combat. Parler du mouvement et de sa mobilisation, s'engager en son sein, le soutenir financièrement, et biensûr acheter un DVD (qui peut être commandé sur le site du film : www.amoureuxauban.net/film) et le faire voir autour de soi ou en organisant une projection publique (pour cela écrire à amoureuxlefilm@gmail.com). Sinon, que peut-on faire en tant que citoyen pour faire cesser les atteintes aux droits des couples franco-étrangers, et plus largement pour s'opposer à la politique répressive dans le domaine de l'immigration, et plus largement aux orientations liberticides des politiques menées dans tous les domaines de la vie sociale ? Comme l'écrivait récemment Stéphane Hessel : Indignez vous ! Et je rajouterai Engagez-vous !

*Les objecteurs de conscience étaient des personnes qui refusaient de faire le service militaire



Merci à Nicolas Ferran pour avoir répondu à ces questions...

 

 

*Mariage gris : le nouveau terme inventé par le gouvernement pour parler de mariage où un des deux époux n'est pas sincère et souhaite uniquement se marier pour obtenir les papiers, l'autre de son coté pense avoir trouvé le vrai amour.

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12 décembre 2011

Les Neiges du Kilimandjaro

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UN FILM A VOIR

Le cinéma de Robert Guédiguian est un cinéma de visages, de portraits, de tranches de vies.

Le dernier film ne déroge pas à la règle.

Les Neiges du Kilimandjaro est mon coup de cœur Cinéma de l'année. Loin devant le pourtant très bon The Artist, loin devant car terriblement humain, vivant, émouvant. Selon moi le meilleur film de Guédiguian, le plus abouti, le plus actuel, celui auquel notre jeune génération peut mieux se raccrocher.

Entouré de ses trois, plus que fidèles, amis-acteurs, Darroussin, Meylan et bien sur Ascaride, Robert Guédiguian, le militant, brosse le portrait d'ouvriers licenciés d'une usine en crise. 20 ouvriers seront tirés au sort, licenciés pour sauver l'entreprise.

Le personnage interprété par Darroussin, Michel, responsable du syndicat qui a négocié, va tirer au sort les 20 noms et dans le lot il tirera son propre nom devant l'incompréhension de son ami d'enfance Raoul (Gérard Meylan).

Il aurait pu, en tant que responsable syndical, ne pas s'inclure dans la « loterie », il aurait pu, mais comme il le dit « cela aurait été un privilège et je n'en veux pas. »

Au chômage, ou plutôt en préretraite, Darroussin va profiter de ses petits enfants, du soleil et de la mer. Mais la monotonie des jours vont commencer à peser. A l'occasion de leur dernier anniversaire de mariage fêté par le syndicat, Darroussin et Ascaride (Marie Claire) se verront offrir un trésor : un voyage sur les terres Massaï au pied du grand Kilimandjaro et de l'argent pour profiter pleinement du voyage... Lors d'une soirée belote avec son ami Raoul et Danièle la sœur de Marie Claire, ils vont être agressés, et volés. Leur butin aura vite fait des envieux dans ce monde en crise.

Commence alors un terrible moment, un dilemme immense pour Michel, cet homme qui a toujours soutenu les plus défavorisés, les plus pauvres, comment réussir à survivre à cette agression. Faudra t-il se venger ? Dénoncer pour avoir le sentiment que les coupables paieront... Ou pas.

Le film prend la une tournure dramatique, mais moins sombre que dans d'autres films de Guédiguian. Le soleil de Marseille continuera de briller et les visages, souvent tourmentés, réussiront à retrouver un sens à la vie, sur la terrasse d'un petit bistrot en buvant du Metaxa. Magnifiques scènes de vie, de regards, de paroles.

Les Neiges du Kilimandjaro est un film sur l'humain, sur les relations que nous tissons avec nos proches, nos enfants, nos agresseurs et nos victimes de tous les jours. Guédiguian a une plume magnifique, aidé en cela des magnifiques mots de Jaurès récités avec amour dans les yeux de Darroussin.

Inspiré d'un poème de Victor Hugo, les Pauvres gens, le film Les Neiges du Kilimandjaro est un film sur notre époque, sur le malaise dans cette société, sur le manque de communication, sur l'amitié. Guédiguian est un poète militant, Darroussin Meylan et Ascaride en sont ses muses, filmés et dirigés depuis plus de 30 ans, les histoires évoluent en fonction de leur âge qui évolue, fini les quarantenaire, maintenant nous en sommes au cinquantenaire, leurs propos ne sont absolument pas vieillots pour autant, mais actuels et contemporains. Et l'on se sent vivant. Et l'on a envie de faire bouger les choses. Et de se poser la question : « c'est quoi le Vrai bonheur ».

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20 novembre 2011

Intouchables

Intouchables_affiche

UN FILM A VOIR

Intouchables est un film sensible et férocement amusant.

Omar Sy, plus connu avec son acolyte Fred dans le Service Après Vente des émissions sur Canal nous montre dans ce film, avec un role généreux, tout son talent. 

Ici il rencontre François Cluzet, tout d'abord simplement pour signer un papier et avoir de nouveau droit aux assedics. François Cluzet dans le role de Philippe est à la recherche d'un employé. Il a besoin de quelqu'un pour s'occuper de lui 24h sur 24, Philippe est tétraplégique. Il ne peut pas bouger. Coincé dans son fauteuil. Il n'est pas heureux. Avec Omar (Driss) il va reprendre gout à la vie.

Oui dis comme ça le film donne l'impression de partir dans les bons sentiments à gogo, larmoyant, et pourtant au final, au bout de 1h50 de plaisir, d'émotions et de rire, les deux réalisateurs de Nos jours heureux ont réussi à dresser le portrait de deux personnages différents, qui réussissent à briser les conventions et à s'entendre, à s'apprécier, à se redonner une envie de vivre.

Pouvons nous rire du handicap ? Oui, on peut, fais comme cela, encore plus. Le role de François Cluzet devait etre difficile, car il ne peut s'exprimer que par son visage, un peu comme Matthieu Almaric dans Le scaphandre, Omar Sy est plus dans son élément de gaffeur, d'amuseur public. Il a un grand talent, car il porte le film sur sa générosité et son énergie. Il a de l'énergie pour deux, il donnera de son énergie à Philippe dans son fauteuil.

Le film est inspiré d'une histoire vraie. Et c'est cela le plus merveilleux. Ce qui se passe dans ce film s'est déjà produit et peut se reproduire. Cela veut dire qu'avec un peu d'amour et d'énergie on peut donner du bonheur...

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31 octobre 2011

Les Aventures de Tintin - Le secret de la Licorne

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UN FILM QU'ON PEUT VOIR

L'évènement de ce mois d'octobre porte une jolie houpette sur la tête, a les cheveux roux, vient de Belgique, a été dessiné par Hergé il y a de nombreuses décénies, mais a su passer la cap du XXIème siècle avec brio : Un nom, Tintin, ce jeune reporter qui a marqué notre enfance et notre adolescence vient de basculer de la BD à la 3D. Un tel bouleversement aurait de quoi laisser des fans sur le tapis, refusant de voir dans cette adaptation autre chose qu'un acte de pirate, mais un duo, riche d'une expérience indispensable dans les films "attendus" Spielberg-Jackson a su éviter cet écueil !

La magie opère dés les premières images, le premier plan, sur une place de marché en Belgique, un dessinateur croque le portrait d'un jeune homme, son chien, Milou pour les intimes, guette le comportement étrange d'un pickpocket... Le double de Hergé sera le premier clin d'oeil des deux créateurs à cette oeuvre universelle, Tintin, qui a parcouru le monde à la recherche d'énigmes, pour aider et sauver des amis ou pour découvrir des nouvelles cultures...

Le film se met en place et nous retrouvons les mêmes plans que dans la BD. Si ce n'est que la 3D apporte une profondeur et une qualité admirable. Quelques adaptations ont été faite, en effet deux albums se croisent dans cette première aventure, le Crabe aux Pinces d'Or et Le Secret de la Licorne. La rencontre avec Haddock est ainsi racontée. Haddock... interprété par Andy Serkis (le Golum du Seigneur des Anneaux) dés son arrivée apporte un souffle comique. Oui les Dupond et Dupont sont là aussi, leurs bourdes font sourire, Haddock quand à lui apporte son énergie, son physique, et sa passion pour le whisky.

On ne se rend pas compte dans une Bande dessinée l'importance du physique du capitaine.

L'enchainement des histoires mélées des deux Bandes dessinées différentes ne choque pas, on n'a pas l'impression d'être perdu par les scénaristes. En relisant les bandes dessinées on se rend mieux compte du travail des scénaristes qui ont réussi un tour de maître, en mélant deux histoires ils ont ainsi apporté un plus grand intérêt et un dépaysement aux deux histoires.

Pendant toute la durée du film on reste souvent ahuris par la qualité de l'image et par le respect de "la ligne claire" de Hergé. Quelques ajouts amusants, ainsi que la présence de la Castafiore, donnent au lecteur fidèle des petits rappels d'autres histoires.

Une très bonne adaptation, moderne, avec quelques rajouts mais qui ne choquent pas. On ne s'ennuit pas car il y a beaucoup de scènes d'actions, une ou deux aurait certes pu être raccourcies mais on ne peut pas leur faire trop de reproches.

Vivement la suite de la trilogie !

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20 octobre 2011

The Artist

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UN FILM A VOIR

Quelle drole de sensation que de repartir au temps du cinéma muet.

C'est à Michel Hazanavicius que l'on doit ce pari fou, qui a conquis la Croisette de Cannes en décernant le prix d'interprétation à Jean Dujardin. Cet acteur... incroyable. De Brice de Nice à George Valentin, le gouffre parait immense. On pouvait craindre le pire. Dujardin l'homme qui sait prendre des risques et qui a accepté de suivre les yeux (et la bouche) fermés Michel Hazanavicius.

Ce film m'avait intrigué depuis la bande annonce.

Retourner au temps de l'Histoire du cinéma alors que les cinémas s'équipent de lunettes 3D.

Entre ce Noir et Blanc, Muet, et Les Schtroumps 3D mon choix a été fait il y a longtemps. L'émotion ne nait pas de la technique. Elle nait dans les images, les plus simples. Un homme regarde une femme, sourit, et la magie prend.

Lui c'est George Valentin, brillant acteur avant l'arrivée du parlant. Elle c'est Peppy Miller (surprenante Berenice Bejo qu'on croirait venue d'un siècle passé tant elle colle physiquement aux actrices de ces années) future vedette du cinéma moderne, bavard.

Rarement nous avons pu etre plongé au cours de ce bouleversement, à l'intérieur de la peau d'un acteur, en souffrance. Effrayé à l'idée de disparaitre, d'etre ensevelli sous les dialogues. George Valentin n'a pas envie de parler. Il préfère rester muet et prouver ainsi qu'il est toujours adoré. Alors meme que le Temps change.

C'est le parcours à coeur ouvert de cet homme et de son chien que l'on suit dans ce film.

L'émotion apparait alors très rapidement. Il y a beaucoup de rires également, Michel Hazanavicius (Réalisateur des OSS-117) maitrise l'art du comique comme son interprete qui se livre sans compter. J'ai beaucoup aimé le film, son ambiance, sa maitrise technique et esthétique. Pour moi ce film représente la force et l'avenir du cinéma, pour se souvenir qu'avant, lors des premières bobines de pellicule tournées l'émotion était naturellement là. Sans artifices...

The Artist est un film excellent. A voir.

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09 septembre 2011

La guerre est déclarée

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UN FILM A VOIR

Un homme rencontre une femme. Roméo et Juliette.

Ils s'aiment.

Un petit garçon, Adam, va naitre à la suite de cet amour.

Les trois premières semaines le couple est en déroute, leur enfant pleure toujours. Le père pense que l'enfant a un problème, il se sent dépassé, la mère essaie d'espérer qu'il pleure parce qu'il a faim...

La rencontre avec leur médecin de famille va les rassurer, et progressivement leur donner les clés de la solution. L'enfant grandira. Tout ira mieux dans le couple soumis à rude épreuve au début, une épreuve qui les testait sur leur cohésion...

D'autres épreuves arriveront. L'enfant n'arrive pas à marcher, il a 20 mois, et a un début de paralysie faciale. Les scanners sont évidents. L'enfant souffre d'une tumeur au cerveau...

Le drame pour deux jeunes parents.

Que faire.

Comment aider au mieux cet enfant !

Le film de Valérie Donzelli, est son histoire, avec celle de son compagnon Jérémie Elkaim, ensemble dans leur sphère intime ils ont eu à affronter cette tumeur, le film est très personnel, mais pas larmoyant.

La réalisatrice a pris plutot le parti de filmer la vie d'un couple dans cette aventure plutot que la vision de l'enfant malade. Ici l'enfant ne semble pas malade, il n'a pas de fils, il n'y a pas de pathos de ce coté là.

Evidemment pourtant les larmes coulent tout au long du film. J'avais été prévenu. Moi qui pleure facilement...

Dés le début au moment de leur rencontre, l'émotion survenait.

Ce jeune couple semblait nous ressembler, beaucoup de "serrés", leurs trois premières semaines n'ont pas été plus facile que les notres. Toujours cette question de la nourriture pour un tout petit... Les deux acteurs jouent à rejouer leur vie, leur moment le plus douloureux.

Ils sont touchants. L'équipe médicale parfois froide et sèche, est remerciée à la fin du film, on leur doit beaucoup dans ces moments là. Leur professionnalisme... Leurs connaissances. Leur maitrise dans une opération de 9 heures...

Le film dés le début nous touche et va nous bouleverser jusqu'à la dernière minute. Valérie, Jérémie et Gabriel (les prénoms dans la vraie vie) comme Roméo, Juliette et Adam vont faire partie de notre vie et de nos souvenirs de cinéphiles. Rarement on a vécu quelque chose de cette émotion. Un film sublime. Une bande originale créée par Jérémie Elkaim, et surtout des plans qui marqueront. Une course effrénée dans les couloirs d'un hopital la nuit. Les pleurs d'un petit enfant dans un lit à barreaux d'un hopital. Les mots de réconforts d'un homme à une femme et inversement. Les mots d'amour écrit par un père qui ne peut pas dormir la veille de l'opération de son fils, il lui dit qu'il va vivre quelque chose que lui meme, le père, n'a jamais vécu, qu'il s'agit de la vie de son fils, et qu'il la respecte.

Ce film n'est pas un gros blockbuster, remplit d'effets spéciaux, mais juste l'histoire vraie d'un couple ordinaire.

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01 août 2011

The Trip

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UN FILM QU'ON PEUT VOIR

Steve Coogan, Rob Brydon... ces noms ne vous disent pas grand chose... En revanche lorsqu'on allume la télé anglaise, BBC et consorts, ces noms là prennent vie. Rob et Steve sont des humoristes, comédiens, et scénariste pour Coogan.

The Trip est un film de Michael Winterbottom, qui a notamment réalisé 9 songs film plutot sulfureux sur le sexe la drogue... etc... et le touchant Un été Italien avec Colin Firth.

Ici il part en voyage avec des humoristes, un road movie (ils roulent beaucoup sur les petits routes anglaises que j'adorais tant) à la rencontre de la Good Food anglaise.

La Good Food ne sert que de prétexte à une découverte des hommes et de leur relation entre eux, deux stars qui aiment se concurrencer et s'envoyer des pics, des critiques pas toujours agréables à entendre...

C'est Steve Coogan qui est payé par un magazine pour faire une tournée des restaurants gastronomiques du Nord de l'Angleterre, une région qui lui tient à coeur, puisqu'il vient de Manchester. N'ayant plus sa petite amie avec lui qui est retournée en Amérique "faire le point" il va demander à son copain Rob, tous les autres à qui il avait demandé auparavant refusaient de l'accompagner.

Beaucoup de plaisanteries ne sont pas totalement comprises pour un public français, mais pour des personnes qui ont vécu en Angleterre on prend un réél plaisir à les écouter. 

Le film est très bavard mais ne donne pas l'impression de trainer en longueur. Les paysages sont "stunning", les routes sinueuses à souhait, les assietes donnent envie, les dialogues sont percutants.

Le film est à l'image des deux hommes. Il y a du bon et du très bon. Parfois un peu de moins bien.

J'aime ce film car il laisse une grande part à l'improvisation.

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04 juin 2011

The tree of Life

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UN FILM...

(Ou plutôt une peinture en mouvement.)

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The Tree Of Life, palme d'or à Cannes... 

Que peut-on dire de plus. Le film se présente comme l'Histoire de l'Humanité...

Terrence Mallick, immense réalisateur peu prolifique, souhaitait retracer la création du monde et poursuivre jusqu'à la fin des temps. Cela ne m'a pas trop plu. Beaucoup trop d'idéologies religieuse. Beaucoup trop d'appels à Dieu. Le film me fait penser à une oeuvre d'art picturale, une peinture, qui bouge.

Il y a des magnifiques plans, des portraits, des plans d'ensembles de la terre, de l'eau, de la planète Terre, des arbres, des fonds sous marins. Il y a des merveilleuses idées comme celle de voir l'évolution des bactéries en poissons puis en animaux terrestres. Mais cela de mon point de vue critique la présence d'un Dieu, unique, qui construit la terre en 7 jours et l'homme à son Image.

L'IMAGE... il en est question car il s'agit d'un film magnifiquement filmé. 

La MUSIQUE envoutante. Une émotion superbe...

Mais si l'on parle des éléments importants d'un film, le scénario... le film s'embrouille. Les grandes séquences de l'univers ne collent pas avec la vie de la famille. on perd le fil du film. 

Se poser des questions c'est évident avec ce film.

Une palme d'or récompense ce travail immense du réalisateur qui avec The Tree of Life fait penser à KUBRICK. J'ai passé un drôle de moment, partagé entre plusieurs sentiments. D'où cette critique déconstruite. 

Il faut se laisser porter par le film, par les images qui s'enchainent, il n'y a pas de cohérence dans l'histoire. Presque sans dialogues... C'est un film de séquences qui se suivent ! Cela donne une émotion superbe, les larmes sont souvent prêtes à apparaitre tant le jeu des jeunes comédiens est éblouissant. Brad Pitt s'en sort aussi bien, Sean Penn n'a pas une seule possibilité de s'exprimer, il traverse le film comme son personnage dans un flou complet. Terrence Mallick est un exceptionnel réalisateur, sans doute trop bon. Il surprend le spectateur, on ne s'attend pas à ça. 

The TREE OF LIFE est tout simplement un film hors norme, inclassable, déroutant, destabilisant. Il ne possède plus vraiment les caractéristiques d'un film habituel. Au moins ça change. Tout autre réalisateur qui se serait essayé à ça on aurait crié à la honte mais Terrence Mallick a ce talent dans les mains et quand il filme une famille on est bouleversé. Quand il filme la fin du monde il m'a perdu je ne suis plus dedans. Trop... 

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10 mai 2011

La fille du puisatier

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UN FILM A VOIR

Sortir pour voir un film en amoureux s'annonce dorénavant comme un évènement, pas question de râter son choix de film ! Le premier film de Daniel Auteuil ne recevait pas des critiques très favorables de la part des émissions de radio que j'ai pu écouter, et pourtant, dans cette nouvelle aventure de nos vies, la découverte de la parenté, les mots de Marcel Pagnol, le jeu de Daniel Auteuil m'ont bouleversé.

L'histoire de ce père comme on n'en fait plus, l'accent de la provence, le coeur brisé de ne pas avoir pu engendrer des garçons, il se retrouve à la tête d'une jolie tribue féminine. La (plus grande des) filles du puisatier, Patricia, a dix huit ans, elle a remplacé à la maison la mère absente, elle s'occupe de ses soeurs plus jeunes et porte le repas de midi à son père et à Felipe (un ami qui est charmé par Patricia). Sur le chemin du picnic, l'innocente Patricia va rencontrer un beau Prince, le fils de Mazel un riche commerçant de Salon de Provence. Se refusant d'abord vaillament, l'amour aura raison au final, ils vont s'aimer et lors de leur première nuit, lors du péché, ils vont mettre en route le petit fils du puisatier. 

Une belle histoire d'amour qui sera coupée nette par l'arrivée de la Guerre. Les hommes partiront, ne revenant pas tous, Patricia se retrouve enceinte, le père de l'enfant absent...

Un petit fils, oui, le Puisatier l'aurait bien voulu, mais pas comme ça... Pas dans ce péché. Ne faisant pas de sentiments et pour préserver sa famille des ragots il va envoyer la belle Patricia chez sa tante. En exil.

Les mots de Marcel Pagnol sonnent drôlement juste dans la bouche de cet excellent acteur Daniel Auteuil. On admire les paysages et on voit ces familles se tourner autour, essayer de faire ce qu'il leur semble le mieux. Entre honneur et amour, le coeur de certains balancent. Certes il n'existe plus vraiment d'hommes comme ce puisatier mais la fable est belle, l'amour un sentiment toujours pur... On passe un agréable moment, on ne veut pas que le film se termine.

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01 mars 2011

Le discours d'un roi

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UN FILM A VOIR

Les années 30, dans la monarchie anglaise, le roi Georges V est vieillissant, son fils ainé David est tellement attiré par les femmes des autres qu'il n'a pas encore d'héritiers et n'a pas non plus trouvé de femme libre à marier ! Le deuxième fils, surnommé Bertie par les membres de sa famille, n'imagine pas devenir roi, et cela tombe plutot bien, il est bègue et ne peut pas s'exprimer en public.

C'est pourtant lui qui deviendra le roi anglais, si important dans la lutte contre les allemands pendant la guerre. Le dernier dirigeant d'une grande puissance européenne qui ose encore affronter l'allemagne Nazie de Hitler.

Colin Firth incarne avec son habituel talent le roi Georges VI, le père d'Elizabeth II, reine actuelle. Il mérite entièrement son Oscar, il me semble qu'il est l'intéret principal du film, son charme et son charisme font que les deux heures du film sont avalées d'une traite. Colin Firth éclipse les autres excellents comédiens, Helena Bonham Carter qui joue son épouse dévouée et compréhensive, Guy Pearce et Geoffrey Rush tous les trois très bons également.

Le film raconte le parcours de cet homme qui essaie de vaincre son begaiement, il sera aidé en cela par un "docteur" aux pratiques étonnantes, qui devra s'armer de courage pour oser tenir tete à un homme brisé et ayant perdu toute estime de lui, le professeur de prononciation va l'épauler, devenir son confident, son ami pour l'aider à affronter la nouvelle machine du XXe siècle, le microphone.

Le réalisateur Tom Hooper nous dresse le portrait sensible d'un homme et d'une époque, les excellents comédiens et les décors luxueux nous permettent de passer un très agréable moment. Bravo Colin Firth !

 

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15 février 2011

Black Swan

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UN FILM A VOIR

Black Swan est le dernier film de Darren Aronofski, un brillant réalisateur qui m'a souvent convaincu, depuis Requiem for a dream, en passant par The Fountain et The Wrestler. Ici avec ce film sur l'univers de la danse, avec Nathalie Portman, je ne pouvais pas laisser passer l'occasion...

Le lac des cygnes est au centre du film, du début à la fin, tout est centré autour de la création du ballet. Vincent Cassel en étant le chorégraphe. La musique comme souvent avec Aronofski est envoutante, ici ajoutée avec la force de l'oeuvre la plus connue de Tchaikovski, on n'en ressort pas indemne.

Après The Wrestler, on arrive cette fois ci dans un tout autre univers, les petits rats, les petites danseuses. La différence est de taille, et pourtant la caméra de Darren Aronofski utilise les mêmes cadrages, plans serrés en travelling avant lorsque la danseuse (ou le catcheur à l'époque de The Wrestler) se déplace. Les plans serrés cachent l'espace autour. On ne sait pas ce qui peut arriver dans le plan suivant tant il y a de mystères. Le mystère mais aussi le mystérieux. La jeune danseuse est poussée à bout, envoutée par son rôle, elle devient sombre, en duel avec elle même. D'une part le cygne blanc de l'autre le cygne noir. Sortir de son apparence très gentille et trop douce pour aller à l'encontre du cygne noir, c'est la demande principale d'un chorégraphe séducteur. Un homme à femmes ce Vincent Cassel. 

Nathalie Portman est INCROYABLE, elle est méconnaissable, on ne voit plus une actrice mais une danseuse. Bien que le film parte dans une direction un peu fantastique, Darren Aronovski (un réalisateur que j'adore de plus en plus) sait rester sur le réel, sur le concret de la chorégraphie. On ressort du film perturbé, sonné.

On va avec ce film au bout du travail de création, au bout du travail d'investissement demandé aux danseuses ou aux actrices en général. Le sujet pourrait être celui d'une comédienne, le résultat serait simillaire. La danse est un art qui demande tellement d'investissement qu'on peut ne pas en ressortir indemne. On peut en ressortir brisé. Marqué à vie. 

Black Swan est un film intense, terriblement bien réalisé et incarné par les actrices, avec une musique de Clint Mansell qui utilise la force de Tchaikovski pour sublimer la bande originale du film. Ce film va briller aux Oscars. Promis ! 

Black Swan est un film à voir, préparez vous à souffrir, l'atmosphère imprimée par le réalisateur vous clouera à votre siège, votre coeur risque de s'arrêter. Votre esprit sera mis en action et fonctionnera à plein régime. Que s'est il passé pendant 1h45 ? Beaucoup de choses... Allez jeter un oeil par vous même ! Vous ne devrez pas être déçu.

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05 février 2011

Rien à déclarer

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UN FILM QU'ON PEUT VOIR

Reprendre du service après un tel succès, Dany Boon a beaucoup de courage ! Tout le monde l'attend au tournant. Il aurait pu se tourner les pouces en comptant les billets, mais il préfère filmer à nouveau, réaliser un film comme il sait le faire, dans son pays ou presque, le nord, et plus particulièrement une petite ville à la limite entre la Belgique et la France. 

Le restaurant du coin est un No Man's Land entre deux douanes et deux cultures fortement différentes, une fois, qui sont amenés à travailler ensemble suite à l'ouverture des frontières, la création de l'Europe va bien perturber leur existence.

D'un coté la douane Française, pieds nickelés d'une zone frontalière ou plus personne n'a envie de travailler, tous attendant la nouvelle année qui apportera l'ouverture des frontières et leur déménagement. de l'autre la douane Belge où un douanier zélé va tout tenter pour retarder l'ouverture des frontières ! 

Simple douanier français, Dany Boon est amoureux d'une belge... Dur dur dans un pays où les français ne sont pas bien aimés, pire encore lorsque le frère de la jolie amoureuse est le douanier le plus coriace et le plus raciste anti français de la douane belge. Benoit Poolevoerde, toujours aussi à l'aise dans les rôles de méchant, prouve une fois de plus son talent. cependant son personnage est un peu trop caricatural et du coup dérange à force. On n'y croit plus trop à la fin.

Cela est compensé par la jolie ribambelles de personnages secondaires, Karin Viard, Bouli Lanners, François Damiens et tous les autres, et des scènes d'un pur régal. Comme dans Bienvenue chez les Chtis, Rien à déclarer fait preuve d'une générosité touchante, c'est un film qui fait plaisir à voir mais qui ne pourra malheureusement pas rivaliser avec les chtis (qui pourrait d'ailleurs)... Ici on est du coté d'une bonne comédie française (ou belge ?) qui parle d'amitié, de différence entre les peuples. On passe du bon temps. Que demander de plus ? 

Rien à déclarer ? Non... c'est tout ! 

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01 février 2011

Je suis un No Man's Land

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UN FILM QU'ON PEUT NE PAS VOIR

Une bonne idée mais qui malheureusement ne tient pas la distance, on reste assis dans la salle devant un burlesque et une étrangeté tout à fait similaire au caractère de Philippe Katerine. Le film et le chanteur se ressemblent à croire même qu'il pourrait s'agir d'un documentaire.

Les personnages que le chanteur Philippe Katerine croise dans le film sont bien souvent aussi allumés que lui, une fanatique sexuelle, une ornithologue qui vit la nuit, des amis d'enfance plutôt collants et rancuniers... Le film compte sur d'excellents acteurs en second rôles, Julie Depardieu et Aurore Clément qui joue la mère de Philippe Katerine.

Essayons quand même de résumer ce drôle de film. Philippe Katerine sort de scène et va se reposer dans sa loge, là bas, il y rencontre une groupie prête à tout pour passer du bon temps avec lui, elle le conduit chez elle, dans la campagne perdue, là bas effrayé par la tournure des évènements il va s'enfuir dans les bois. Il va y rencontrer une ornithologue, puis une jument effrayante et enfin il arrivera dans une maison. Dans cette maison allumée il va voir deux vieux en pyjamas, il s'agit de ses parents. Le lendemain, la mère réveille Philippe Katerine en lui disant "tu vas rater le bus pour l'école"...

Plusieurs jours vont ainsi s'enchaîner dans un drôle de rythme mêlant comédie et drame, une ambiance oppressante comme dans les petits villages de campagne. Le film est très difficile à décrire et les sentiments sont durs à exprimer. Nous sommes un peu ennuyés parce que le film n'a pas eu un grand intérêt au final, n'étant pas un vrai fan de Philippe Katerine et ne connaissant pas assez ce réalisateur, je n'ai pas été bouleversé par des plans ou des moments forts du film.

Le rythme s’essouffle donc très rapidement quand on se rend compte que le film n'ira pas au delà de la simple comédie romantique. La vision fascinante du personnage de Philippe Katerine se promenant dans une forêt restera donc un souvenir très furtif qui disparaîtra vite de nos mémoires. 

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24 janvier 2011

Au dela

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UN FILM QU'ON PEUT VOIR A LA RIGUEUR


Cela me fait mal au coeur de ne pas écrire "Un film à voir", mais j'ai ressenti une déception en sortant de la salle ! Le dernier film de Clint Eastwood que beaucoup annonçaient comme un film évènement ne m'a pas touché, le scénario soit disant brillant m'a semblé très facile. Il n'y avait pas assez de mystère et de force dans le film. Beaucoup de choses étaient prévisibles.

Si Mr Tartanpion avait réalisé ce film on aurait pu aimer et admirer certains plans, ici avec Clint Eastwood nous attendons l'excellence, on imagine dés la première affiche posée dans les arrets de bus le futur succès, le futur chef d'oeuvre. Au Dela n'est pas un mauvais film mais n'atteint pas le niveau des précédents films du réalisateur.

La première séquence est magistrale, très belle puissance émotionnelle, le tsunami de Clint Eastwood montre une réelle maitrise des effets spéciaux et de la mise en scène. Les plans suivants n'atteindront pas le meme niveau et on a l'impression de beaucoup de facilité dans la mise en scène. Le film Au delà m'a semblé très classique, cela peut-etre une qualité mais pas avec Eastwood.

Le problème ne vient pas des acteurs, on prend un grand plaisir à voir Cécile de France dans un film américain, on lui souhaite beaucoup d'autres expériences outre manche, mais comme le scénario et la mise en scène étaient très classique et ne donnaient pas de frissons (et pourtant avec cette histoire on aurait pu l'imaginer) on ressort déçu de ce film.

L'Au delà reste encore une fois un mystère et une fascination, peu de réalisateurs réussissent le défi de maitriser le sujet... Dommage...

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20 janvier 2011

Arrietty, le petit monde des chapardeurs

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UN FILM QU'ON PEUT VOIR


Rares sont les films qui me touchent en ce moment. Arrietty est la nouvelle héroine du cinéma japonais d'animation, adapté librement d'un livre pour enfant The Borrowers au le scénario écrit par Miyazaki (le grand dessinateur japonais réalisateur de Mon voisin Totoro ou de Princesse Mononoké.) Je me suis laissé complètement transporté par cette très belle histoire, une rencontre improbable entre Arrietty petite chapardeuse d'une dizaine de centimètres et de Sho, un jeune garçon qui est venu se reposer chez sa tante dans une vieille maison.

Au sous sol de la maison, dans un univers fait de bric et de broc trouvés chez les humains, les chapardeurs se sont installés. Il ne reste malheureusement plus qu'une famille, et Arrietty, la jeune fille, est avide d'aventures et veut voir le monde des adultes. Émerveillée au début par leur maison (ou ils doivent entrer pour chaparder quelques ustensiles important comme du sucre ou des mouchoirs) elle va se faire surprendre et voir par Sho.

L'aventure que Miyazaki nous propose est la rencontre entre ces deux personnages. Sho et Arrietty ont beaucoup en commun. Ils sont seuls tous les deux, et aimeraient avoir un ou une amie avec qui parler.

Des passages superbes m'ont mis la larme à l'oeil, des passages que j'aimerais voir et revoir tant ils étaient touchants !

Une musique composée par une musicienne bretonne Celine Corbel qui apporte également beaucoup de douceur au film. De nombreuses personnes disent qu'il ne s'agit pas du meilleur Miyazaki mais je peux simplement dire combien j'ai été transporté par ce film, j'aurais aimé une autre fin, mais avec Miyazaki souvent les histoires ne se terminent pas comme on s'y attend ! Tant mieux, cela donne de la surprise et de l'intérêt. Arrietty est une très belle aventurière et je vous recommande de lui rendre visite ! Avec des seconds rôles décapants !

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04 janvier 2011

Sound of Noise

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UNE EXPERIMENTATION A VOIR

Dur d'appeler ce film un film tant tout est innovant ! Les deux réalisateurs Suédois ont déjà été remarqués sur Internet avec leur court métrage Music for one apartment and six drummers. un court métrage délirant où une bande de musiciens composaient une véritable oeuvre avec des objets quotidiens. Etant donné le succès de ce court métrage, les deux compères ont utilisé le même groupe de musiciens pour faire ce film Sound Of Noise. Délaissant l'appartement pour la ville, allant de l'hôpital à la banque, et en faisant un détour remarqué par la salle de concert classique, ils veulent révolutionner le monde avec leur musique.

C'est un film qui détonne, une brillante petite expérience musicale qui donne envie de taper du pied sur le sol pour accompagner le rythme du métronome. 

Le scénario montre les six drummers préparant leurs coups et en même temps on suit le policier chargé de l'enquête. Ce policier qui a une triste aventure avec la musique n'en peut plus et à envie de silence. Un personnage attachant.

L'humour du film est un bon accompagnement aux airs de musique, je pense qu'on entendra encore parler de ces six musiciens et les deux réalisateurs devraient grace à ce film percer dans l'économie du long métrage. Un film qui ne prend pas la tête, il détend, on ne se pose pas de question, on sourit et on écoute de la belle musique. Que demander de plus pour passer un bon moment ?

 

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29 décembre 2010

Another Year

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UN FILM QU'ON PEUT VOIR


Mike Leigh réalisateur anglais ayant notamment dirigé Be Happy (ou le très beau Vera Drake), filme dans ce nouveau film une saison de la vie d'un couple âgé, Tom et Gerri. Tom travaille dans la géologie ("he digs holes") et Gerri est assistante sociale. Ils sont habitués à leur routine, entretenir leur jardin, recevoir leurs amis et cuisiner des bons plats, prendre soin de leur fils trentenaire et de leur famille...

Tom et Gerri sont soucieux de leur entourage, ils prennent soin d'être là pour les écouter, les aider.
C'est un couple charmant que l'on suit pas à pas pendant les quatre saisons anglaises, le temps d'un après-midi barbecue en plein été, l'automne des bons petits plats en découvrant la jeune fiancée du fils et l'hiver où un drame bouleverse la famille.

Ce qui est magnifique dans ce film ce sont les rapports humains, le talent des acteurs et du réalisateur scénariste pour les dialogues, la beauté des gros plans. Mike Leigh devient vieux, il le reconnait et souhaitait parler de ce sentiment, la vieillesse, devenir dépendant des autres et vieillir seul. L'amour, l'amitié, la famille sont des thèmes importants dans ce film et la délicatesse est de mise pendant cette autre année. Une année de plus, ou une année de moins...

Tom et Gerri et leurs amis nous donnent une envie de pleurer, une drôle de sensation où on craint les soirs d'hiver seuls. Sans personne à aimer ou sans famille à prendre soin. Entre rire et larmes les quatre saisons s'enchainent...

Nous avons pris beaucoup de plaisir à voir ce film, à revoir l'Angleterre, les maisons en brique rouges et ces après-midi dans le jardin autour d'un barbecue, dont les anglais sont si friands. Mike Leigh nous bouleverse moins que dans Vera Drake, le sujet est moins impressionnant mais les acteurs s'en sortent bien dans une partition délicate de sensibilité et de silence.

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21 décembre 2010

A bout portant

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UN FILM QU'ON PEUT NE PAS VOIR

Le réalisateur du brillant Pour elle avec Vincent Lindon sort son nouveau film d'action !
Ici avec A bout portant l'émotion de Pour elle a complètement disparue sous l'avalanche d'action et de scènes à un rythme fou. Non on ne s'ennuie pas, vraiment pas !

Mais pour ce qui est de marquer l'esprit d'un spectateur habitué bien souvent à mieux, on tombe à plat. L'action est déchainée, les acteurs corrects, les courses poursuites caméra à l'épaule, dans les escaliers, dans le métro...

Le réalisateur a bien utilisé la ville de Paris, ses petites ruelles et ses escalators, mais Au bout du compte on en ressort avec une impression très passagère, on a pris du plaisir, mais on oubliera très vite.

Gilles Lelouche est marié avec une espagnole Nadia qui attend son premier enfant. Lors de la deuxième échographie on leur apprend qu'il faudra que Nadia se ménage. C'est bien mal parti !
Le jeune couple sera pris dans les méandres d'un complot et des flics ripoux. L'intrigue qui démarre bien, avec l'association entre Gilles Lelouche et Roshdy Zem, en duo de choc improbable. On ne perd pas de temps en discours et on passe de suite à l'essentiel, le scénario sera expliqué progressivement, petit à petit on aura les pièces manquantes et la corruption sera dévoilée.

Les gentils gagneront, tout se finira bien, on aura bien eu des frayeurs pour cette naissance prématurée mais les médecins font des merveilles !

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13 décembre 2010

Le nom des gens

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UN FILM A VOIR

La meilleure comédie française vient de sortir ! Le nom des gens est un vrai bonheur ! 

L'histoire de la France c'est l'histoire des gens, de leurs origines, de leur vie et de leurs actions au présent. Bahia est unique, Arthur Martin loin de l'être, "Arthur Martin comme les cuisines ?" Bahia porte en elle son passé, son origine, l'Algérie. Son père est arrivé en France, d'abord immigré puis finalement marié avec une française qui vantait la solidarité.  Arthur, fils d'un couple français presque sans histoire, en a bien une, d'histoire. Celle d'un peuple juif qui a été persécuté et exterminé dans les camps. La famille Martin va s'enfoncer dans le silence pour ne pas laisser ressortir cette origine, de peur de se faire arrêter.

Le film regorge de bonnes trouvailles, de vérité bien souvent non dite. Bahia prone la solidarité, la tolérance et déteste les fachos. Elle ne fait pas de concessions.

Le scénario qui a obtenu un prix en 2008 est très bien ficelé, en prennant deux familles françaises et en les mélangeant on imagine un nouveau monde, le portrait d'une france et d'un monde de "Batards" selon Bahia si on couche avec tout le monde il y aura des batards et quand il n'y aura que des batards il n'y aura plus de fachos. 

D'autres répliques sont savoureuses on ressort du film avec l'envie d'y retourner, de dévorer les répliques déjà cultes. C'est un film résolument anti sarkozyste et si cela vous déplait passez votre chemin, restez dans votre image du monde et je peux juste espérer que vous croiserez une Bahia qui vous convertira à sa façon de vivre !

Selon moi Le Nom des Gens est le film de l'année. Le genre de film qu'il faut continuer de réaliser, de produire. Le genre de film qui nous rappelle que nous ne sommes pas seuls, que nous vivons dans un monde rempli de millions de personnalités différentes, que nous sommes tous égaux, et que un homard ou un crabe a autant de valeur que nous. Comme un canard... 

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